STEMLAUR INC. © | Algodream


Je trainais souvent avec deux camarades de classe super cools, ils s’appelaient Geiger Dijkstra et Alain Turing.

Dijkstra me parlait constamment de ces algorithmes pour trouver le chemin le plus court vers l’école. Nous faisions l’école buissonnière pour les concevoir. Avec l’aide d’Alain, nous nous étions construit une machine de Tuning pour épater toute la jante, mais elle n’atteint jamais l’état fini.

Nous formions un trio de choc: la triade de l’algo: Dijkstra grafouillait des graphes, Turing fusionnait des tris et moi je déchiffrais des lettres comme Laurent Romejko.

Seulement, la fin des années collège approchait. Mes parents souhaitaient quitter la bonne odeur des habitants de Toulouse pour commencer une nouvelle aventure olfactive en région parisienne.

La magnanerie ne fonctionnait plus, les comptes étaient aussi véreux que les champs de cocons. Le directeur avait décidé de déclarer faillite après son stage de parachutisme doré (ou quelque chose du genre, je ne me rappelle plus très bien maintenant).

Nous décidâmes avec Dijkstra et Turing de nous inscrire une dernière fois au concours d’algo le plus ambitieux du Roussillon, la plaque tournante de l’induction: Algodream. Le but était de concevoir un algorithme nouveau et pratique, l’événement étant organisé par une des plus grosses banques du moment: la caisse générale. L’algorithme serait ensuite utilisé pour aider les familles de classe moyenne à trouver des solutions pour s’endetter encore plus.

Après de nombreux jours de réflexion, nous décidâmes de résoudre le problème de gestion de ressource du quotidien dans une famille où tous les membres ont une carte bleue, comment éviter les problèmes d’inter-blocage de compte et gérer l’allocation aux crédits à la consommation. Cet algorithme, Dijkstra l’appela l’algo du banquier.

Craquer l’algo prit des semaines, nous passions des soirées à philosopher autour du dîner que nous préparait ma mère, mes parents se joignaient volontiers à notre réflexion. À cinq, nous pensions ou mangions quand on était affamés et cela sans crier famine.

Le jour du tournoi d’algo, une dizaine d’équipes composées des personnes les plus intelligentes de la région présentèrent leurs algorithmes, certains d’entres eux étaient particulièrement intéressants:

  • un algorithme analphabète permettant de simuler une conversation sans queue ni tête avec son banquier
  • un algorithme de chiffrement permettant de cacher des informations aux clients en leur forçant à trouver une clé (l’escape imitation game)
  • un algorithme de prélèvement à la source récursif
  • un algorithme de prévention de la fraude fiscale ne ciblant pas les patrons du CAC 40

Nous finîmes deuxième. L’algorithme de prévention gagna haut la main. Je compris ce jour-là que la complexité d’un algorithme ne se mesurait pas uniquement par les ressources de temps et d’espace, mais aussi d’argent.

Nous célébrâmes notre semi-victoire avec Dijkstra et Turing toute la nuit, le lendemain j’allai rentrer dans une nouvelle itération de ma vie, il était temps pour ma famille de sortir de sa boucle infinie.

Je dis au revoir à Turing et Dijkstra, ils m’offrirent comme cadeau de départ l’ouvrage dédicacé d’Alain ¿Que? “Smalltalk”. Cet ouvrage est encore une référence pour moi, je le cite en aujourd’hui quand je n’ai rien d’autre à dire en société.

À propos de Stemlaur:

Le directeur au grand coeur de Stemlaur Inc. dépense une grande partie de son argent à sauver des projets informatiques laissés à l’abandon. Depuis 2013, il dirige une association à but lucratif: la F.U.C.Q. qui vise à Faire Ultérieurement du Code de Qualité.